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L’hormone du stress, le CRF, potentialise la réponse NMDA des neurones dopaminergiques : la clé manquante dans les interactions stress-vulnérabilité aux substances d’abus et stress-rechute ?

> Ungless MA, Singh V, Crowder TL et al.
Corticotropin-releasing factor requires CRF binding protein to potentiate NMDA receptors via CRF receptor 2 in dopamine neurons
Neuron 2003 ; 39 (3) : 401-7


Le stress est un facteur important dans l’abus des substances addictives. Il peut augmenter la motivation et la vulnérabilité à ces substances. Pendant la phase d’acquisition, le stress augmente la sensibilité aux substances d’abus, rendant l’individu plus sensible à leur effet récompensant. Durant l’abstinence, le stress peut stimuler le craving et provoquer une rechute.
Ces influences du stress semblent impliquer le système dopaminergique et particulièrement les neurones dopaminergiques de l’aire tegmentale ventrale (ATV) projetant dans le noyau accumbuns (NAcc), l’amygdale et le cortex préfrontal. Il a en effet été démontré que le stress induit une élévation du taux de dopamine dans le cortex préfrontal et le NAcc.
Ungless et al. ont démontré, dans des expériences in vitro, qu’une hormone clé dans la réponse au stress, la corticolibérine ou Corticotropin-Releasing Factor (CRF), potentialise la composante NMDA des courants synaptiques glutamatergiques au niveau des neurones dopaminergiques de l’ATV. Cet effet est bloqué par un antagoniste sélectif du récepteur 2 du CRF (CRF-R2) ou par l’inhibition de la phospholipase C (PLC) ou de la protéine kinase C (PKC).
Ces résultats renforcent un peu plus nos connaissances sur le lien existant entre le stress, les substances d’abus et les neurones dopaminergiques du « circuit de la récompense ».
Le CRF libéré lors de la réponse au stress pourrait jouer un rôle crucial dans le déclenchement du phénomène de potentialisation à long terme (LTP) des synapses glutamatergiques des neurones dopaminergiques de l’ATV. Ce mécanisme de LTP est actuellement reconnu comme étant une des bases physiologiques des processus d’apprentissage et de mémorisation.
Il reste maintenant à mieux comprendre comment le stress, en induisant le craving, peut entraîner une rechute même après plusieurs années d’abstinence…

M. Naassila, PhD
Groupe de Recherche sur l’Alcool et les Pharmacodépendances, GRAP, Amiens