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Une injection mensuelle de naltrexone est un traitement efficace de la dépendance à l'alcool

> Garbutt JC, Kranzler HR, O’Malley SS et al.
Efficacy and tolerability of long-acting naltrexone for alcohol dependence. A randomized controlled trial
JAMA 2005 ; 293 : 1617-25


Les médicaments ont une efficacité modérée dans le traitement de la dépendance à l'alcool. L'adhésion au médicament pose problème, en particulier chez les patients alcoolodépendants puisque les conséquences directes de la maladie peuvent impliquer que les patients, précisément, ne prennent pas leurs médicaments.
Un groupe de chercheurs américains a testé une nouvelle formule retard de naltrexone, dans le cadre d'une étude multicentrique randomisée incluant 624 patients alcoolodépendants qui ont présenté au moins deux épisodes d'alcoolisation par semaine dans le mois qui a précédé leur inclusion dans l'étude. Les patients ont été distribués aléatoirement pour recevoir des injections, soit de naltrexone (300 mg ou 190 mg) soit de placebo, toutes les quatre semaines pendant six mois. L'ensemble des patients inclus bénéficiaient également d'un traitement de soutien psychoéducatif.
Nausées, fatigue, inappétence, malaises, douleurs au site d'injection et arrêt des injections en raison d'effets secondaires ont été significativement plus fréquents chez les patients avec le dosage élevé de naltrexone comparativement au groupe placebo. Les effets secondaires dans le groupe avec le dosage le plus faible de naltrexone étaient similaires à ceux observés dans le groupe contrôle.
La fréquence des alcoolisations a diminué significativement dans le groupe naltrexone à dosage élevé et à la limite du significatif dans le groupe à dosage faible (risque ratio 0,8).
L'analyse de sous-groupes indique que les épisodes d'alcoolisation aiguë diminuaient uniquement chez les hommes, qu'un objectif d'abstinence n'affectait pas les résultats bien que l'efficacité de la naltrexone était meilleure chez les 8 % qui s'étaient abstenus de consommer au cours des sept jours précédant leur inclusion dans l'étude.


Commentaire
Ce travail s’avère particulièrement important dans le contexte des études de pharmacothérapie de la dépendance à l'alcool. Au-delà de l'avantage potentiel de la forme retard injectable de naltrexone en termes d'adhésion thérapeutique, cette étude suggère que l’arrêt complet de l’alcool avant le début du traitement n’est pas nécessaire pour bénéficier de l'effet du médicament.

Dr J-B. Daeppen, Lausanne
Traduit et adapté de Saitz R. Alcohol and Health: Current Evidence (July-August 2005)
http://www.bu.edu/act/alcoholandhealth/issues/issue_july05/saitz_garbut.html