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Tant la naltrexone que les thérapies comportementales sont efficaces dans le traitement de l’alcoolodépendance

> Anton RF, O’Malley SS, Ciraulo DA et al.
Combined pharmacotherapies and behavioral interventions for alcohol dependence. The COMBINE study: a randomized controlled trial
JAMA 2006 ; 295 (17) : 2003-17


Un groupe de chercheurs américains a testé différentes combinaisons de traitements de l'alcoolodépendance (naltrexone, acamprosate, les deux, deux placebos, avec ou sans traitement comportemental, ou un traitement comportemental seul sans placebo) dans une étude randomisée à neuf bras suivant, pendant 16 semaines, 1 383 patients abstinents engagés depuis peu dans un traitement de l'alcoolodépendance. Dans tous les groupes, sauf un (traitement comportemental sans placebo), les sujets recevaient un soutien médical destiné à augmenter l'adhérence au régime médicamenteux et à renforcer l'abstinence.
Au cours du traitement, ceux recevant le traitement comportemental et la naltrexone ou le placebo avaient une probabilité plus élevée d'avoir un meilleur résultat thérapeutique (abstinence ou consommation modérée sans problème) par rapport à ceux qui recevaient un placebo sans traitement comportemental (74 % et 71 %, respectivement, versus 58 %). Dans le groupe avec soutien médical, ceux qui recevaient la naltrexone, le traitement comportemental ou les deux avaient un pourcentage de jours d'abstinence plus élevé que ceux qui recevaient le placebo. Cependant, ceux qui recevaient le traitement comportemental sans placebo avaient un pourcentage plus faible de jours d'abstinence que ceux qui recevaient un placebo avec ou sans traitement comportemental. Une année après la fin du traitement, les résultats étaient similaires entre les groupes.


Commentaire
Cette étude complexe confirme l'efficacité de la naltrexone et de la thérapie comportementale (dans un contexte de médecine générale ambulatoire), mais n'amène aucune évidence pour l'efficacité de traitements combinés. De manière intéressante, un traitement comportemental intensif est moins efficace que toutes les autres options lorsqu'il n'est pas combiné avec un placebo. Cette étude ne montre pas d'efficacité de l'acamprosate, peut-être en raison du fait qu'un faible nombre de jours d'abstinence était nécessaire pour être inclus dans l'étude, contrairement à des études précédentes avec ce médicament. D'autre part, la réactivité des patients à un processus d'étude complexe les sollicitant passablement et les rémunérant a pu influencer les résultats thérapeutiques. L'absence d'efficacité à 12 mois n'est pas surprenante, considérant l'absence de toute forme de traitement entre la fin de la médication, 16 semaines, et le suivi à 12 mois.

Dr J-B. Daeppen, Lausanne
Traduit et adapté de Kevin L. Kraemer. Alcohol and Health: Current Evidence
http://www.bu.edu/act/alcoholandhealth/issues/issue_july06/kraemer_anton.htm